Le Christ, chemin intérieur de vie

En ce 5ᵉ dimanche de Pâques, année A, l’Église, notre mère, nous oriente vers la contemplation du mystère du Christ. Jésus se révèle à nous comme le chemin, la vérité et la vie. À travers ce passage, il nous appelle à demeurer en profonde communion avec lui, à nous attacher profondément à Dieu et à persévérer dans l’unité avec lui, dans la foi et dans l’amour. 

Dans ce passage de Saint Jean, Jésus parle à des cœurs troublés. Le contexte est celui d’un départ imminent : la séparation approche, et les disciples sentent confusément que quelque chose se brise. Pourtant, Jésus ne commence pas par expliquer ou justifier, mais par apaiser : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé » (Jn 14, 1). Aujourd’hui, ce message s’adresse à chacun de nous : que votre cœur ne soit pas troublé par la peur, la tristesse, le désespoir, les déceptions ou même la maladie. Il ne nie pas l’épreuve, mais il invite à la traverser autrement, en la fondant sur la foi. Croire en Dieu et croire en lui deviennent un seul mouvement intérieur, comme si l’un ne pouvait plus être dissocié de l’autre.

Thomas exprime alors l’inquiétude la plus concrète, « Nous ne savons pas où tu vas, comment en connaîtrions-nous le chemin ? » (Jn 14, 5) Cette question est celle de tout croyant face à l’invisible. Et la réponse de Jésus est radicale : il ne donne pas un itinéraire, il se donne lui-même. Moi je suis le chemin, la vérité et la vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. Dire qu’il est le chemin, c’est affirmer que la relation à Dieu passe par une relation vivante avec lui. Dire qu’il est la vérité, c’est affirmer qu’en lui se dévoile ce que Dieu est réellement. Dire qu’il est la vie, c’est affirmer qu’il communique ce qu’il révèle. Tout est unifié en sa personne.

Lorsque Philippe demande à voir le Père, il l’exprime en disant « Qui m’a vu a vu le Père ». C’est-à-dire, Dieu ne se montre pas ailleurs, ni autrement. Il est déjà là, dans la parole, dans la personne même de Jésus, dans la manière dont Il nous regarde, parle, aime, pardonne. Cela demande un dépassement de soi, accepter que Dieu se révèle dans une humanité, dans une relation, dans une histoire. Donc, chercher Dieu ne consiste plus à monter vers quelque chose de lointain, mais à accueillir une présence déjà donnée.

Wedge DAVILMAR