« Sel de la terre, lumière du monde »

La liturgie de ce dimanche nous situe au cœur de l’un des enseignements les plus importants de Jésus : le Sermon sur la montagne (Mt 5-7). Dimanche dernier, nous avons médité sur la première partie de ce sermon : les Béatitudes, qui nous ont montré le portrait du vrai disciple et les valeurs nouvelles du Royaume. Aujourd’hui, Jésus poursuit son enseignement en passant des attitudes intérieures à des conséquences très concrètes pour la vie quotidienne. Vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde.

Par ces images simples, Jésus nous montre que la foi chrétienne ne se vit pas seulement dans la prière ou à l’intérieur de l’Église, mais surtout dans la vie quotidienne, au cœur du monde. Le sel joue trois fonctions fondamentales : il donne de la saveur, permet la conservation et prévient l’altération. Être sel de la terre, c’est d’abord donner du goût à la vie, apporter l’espérance là où il y a la tristesse, la paix là où il y a les conflits, l’amour là où règne l’indifférence. Mais Jésus nous avertit « Si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? »

Un chrétien qui perd le goût de l’Évangile par le mensonge, l’égoïsme, l’injustice ou l’indifférence risque de devenir inutile pour le témoignage du Royaume. Nous sommes donc appelés à rester fidèles à l’Évangile, même quand cela demande des choix difficiles.

La lumière ne fait pas de bruit, mais elle éclaire. Elle chasse les ténèbres et permet de voir le chemin. Jésus nous rappelle que la lumière n’est pas faite pour être cachée, mais pour être placée bien en vue. Être lumière du monde, c’est vivre de telle manière que nos actions parlent de Dieu, comme le prophète Isaïe le déclare dans la première lecture. Ce ne sont pas d’abord nos paroles qui évangélisent, mais notre manière de vivre : la bonté, le pardon, la justice, le partage, l’accueil et le service des plus faibles.

Jésus précise : que votre lumière brille devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres et glorifient votre Père qui est aux cieux. Il ne s’agit pas de se mettre en valeur, mais de conduire les autres vers Dieu. Jésus nous confie une mission de transformer le monde. Nous ne sommes pas appelés à fuir le monde, mais à l’éclairer et à lui donner du goût par notre foi vécue concrètement.

Wedge Davilmar